Lombok: du côté de chez Heri

« Mais pourquoi vous voulez aller là-bas ? Il n’y a rien à y voir ! ». L’employé de l’hôtel où nous nous trouvons, à Kuta, dans le Sud de l’île indonésienne de Lombok, semble totalement interloqué lorsque nous lui demandons de nous trouver un transport pour nous rendre à Labuan Pandan, un petit village côtier au Nord-Est de cette même île. A vrai dire, il ne sait même pas exactement où cela se situe et nous devons recourir à une carte de Lombok pour faire comprendre notre prochaine destination. Nous ne sommes pas plus aidés par notre guide de voyage, le Lonely Planet, vraisemblablement du même avis que l’employé de l’hôtel : la côte Nord-Est n’y est tout simplement pas mentionnée … circulez, il n’y a rien à voir !

Et pourtant, nous nous entêtons à vouloir rejoindre cette région vraiment hors des sentiers battus. A vrai dire, nous avons envie de toujours plus d’authenticité, d’aventure, de villages perdus, de côtes inexplorées, de fonds marins préservés et puis aussi de poser nos valises pour un peu plus que quelques jours dans un lieu simple mais où nous pourrions nous sentir « chez nous ». Alors, quand Aurore & Guillaume, deux voyageurs croisés en Equateur, nous conseillent une petite chambre d’hôte à l’ambiance familiale, nous n’hésitons pas et prenons la route …

C’est ainsi que nous débarquons dans la famille d’Heri sans trop savoir où nous mettons les pieds. Ce petit bonhomme aux cheveux mi-longs et au grand sourire nous fait le tour du propriétaire : un jardin semi-sauvage avec cocotiers autour duquel s’organisent quelques belles chambres et une jolie plage de sable noir juste devant la propriété. C’est sûr, nous sommes loin des éblouissantes criques blondes de Kuta. Néanmoins, cette côte volcanique possède un charme sauvage qui lui est propre et nous trouvons l’endroit enchanteur avec ses barques de pêcheurs, ses enfants jouant dans les vagues et sa végétation luxuriante.

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Et puis, surtout, il y a les îles en face, les « Gili » (rappelez-vous, « Gili » signifie « îlot » en indonésien). Heri nous propose de partir les explorer le lendemain avec un pêcheur du coin. Nous ne pouvons pas dire non à une telle proposition (même si l’excursion n’est pas donnée pour le pays… merci à mes beaux-parents pour ce joli cadeau !) et profitons de la soirée en dégustant un délicieux poisson grillé accompagné d’une sauce aux oignons caramélisés cuisiné par la femme d’Heri…

Le lendemain matin, donc, nous embarquons avec le pêcheur. Au moment de monter dans le bateau en bois, Heri nous rejoint : cela fait longtemps qu’il n’a plus été sur les Gili et il a envie d’avoir un « vrai » jour de congé, alors, il nous accompagne ! Nous sommes ravis d’avoir l’occasion de passer un peu plus de temps avec notre hôte et nous mettons le cap sur Gili Bidara, à une bonne trentaine de minutes en bateau.

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Nous débarquons sur une merveille de sable blanc (légèrement rosé) et d’eau turquoise. Heri a déjà trop chaud, il se jette à l’eau. Le pêcheur se pose pour une petite sieste à l’ombre d’une paillotte. Dure dure la vie. Quand à nous, nous décidons de partir faire le tour de cette île de 3km2 à pied. Nous découvrons en chemin des coquillages gigantesques, quelques cahuttes de pêcheurs mais surtout un décor de carte postale rien que pour nous.

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Mais le soleil tape et il est temps de rejoindre nos deux comparses pour aller se rafraichir un petit peu. Nous reprenons le bateau pour nous poster au large de Gili Bidara. Heri nous propose de faire un peu de snorkeling. Il connaît bien les courants et sait exactement où se mettre pour que ceux-ci nous ramènent naturellement vers l’île. Nous sautons du bateau. L’eau est d’une transparence incroyable, nous voyons le fond… une dizaine de mètres plus bas. Moi qui n’aime pas la profondeur, je suis servie… et pas très à l’aise. En plus, ce n’est pas très poissonneux. Je me dépêche donc de me diriger vers Gili Bidara, le bateau nous suit. Quelques mètres plus loin, nous arrivons dans une zone de corail merveilleuse. Tout le fond marin en est tapissé, à perte de vue. De petits poissons vont et viennent entre leurs branches. Quelques étoiles de mer bleues donnent des touches de couleurs. Les coraux nous effleurent désormais pratiquement, nous décidons de faire demi-tour et de rejoindre le bateau pour ne pas risquer de s’égratigner.

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Ces escapades nous ont donné faim, nous décidons de pique-niquer sur la petit île en face : Gili Lampu, toute aussi jolie que la précédente. La femme d’Heri nous a préparé un nasi goreng (riz frit) que nous dégustons à l’ombre d’une paillotte tout en observant des pêcheurs refermer leurs filets et attraper des milliers de petits poissons… dont « notre » pêcheur recevra généreusement un seau rempli !

Nous papotons avec Heri puis décidons, sur ses conseils, de nous remettre à l’eau pour découvrir le tombant un peu au large de Gili Lampu. Quelle magie de découvrir soudain cette paroi rocheuse qui s’enfonce abruptement dans les profondeurs et autour de laquelle nagent des bancs de poissons fluorescents ! Je reste bien entendu sur le plateau juste avant le tombant (eh oui, je n’aime toujours pas la profondeur…) mais Jonathan s’amuse à descendre plusieurs fois en apnée pour aller explorer une petite partie du précipice.

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Il est temps de rejoindre Heri car celui-ci souhaite absolument nous montrer la plus petite île du coin : Gili Pasir. Enfin, il serait plus correct de parler de banc de sable que d’île, cette dernière ne dépassant pas 150 mètres de diamètre… Heri nous propose d’y débarquer, le temps qu’il prennent quelques photos de nous au milieu de l’océan. Nous acceptons volontiers. Tout à son plaisir d’avoir l’appareil photo, il nous mitraille et… repart avec le bateau en nous faisant au revoir de la main et en rigolant à gorge déployée. Ahahah. Nous sommes désormais sur un îlot désert, sans eau potable ni téléphone ni ombre…

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On s’amuse également de la blague mais nous sommes tout de même contents de voir le bateau revenir après un petit quart d’heure…

Il est temps de rentrer chez Heri mais celui-ci veut encore faire un petit détour. Nous contournons une grosse île recouverte de mangrove et arrivons sur un point précis, au milieu de la mer. Nous ne comprenons pas ce qu’Heri cherche à nous montrer mais il nous fait signe de regarder dans l’eau… et nous découvrons que nous flottons au-dessus d’un véritable entrelacement de coraux colorés de toutes les formes (justement nommé « coral garden » ). L’eau est tellement transparente que nous avons l’impression d’être sur un bateau à fond de verre. Heri jette une poignée de riz (les restes du midi) et des myriades de poissons affluent. Nous faisons de même. L’endroit grouille littéralement de vie. Nous rejoignons l’eau à notre tour. Heri choisit ce moment pour nous lancer une poignée de riz dessus et faire affluer les centaines de poissons sur nous. Ahahah. Il est plié de rire. Quel farceur ce Heri ! Nous continuons notre découverte de Coral Garden et apercevons une famille de « Nemo » cachée dans une anémone. Les poissons ne manquent pas, c’est l’abondance.

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Nous remontons à bord et mettons cette fois le cap sur la guesthouse d’Heri. Nous sommes fourbus mais nous avons le sourire aux lèvres et la tête remplie de beaux souvenirs. Nous sommes accueillis par un délicieux « curry vegetable » dont la femme d’Heri a le secret. Voilà ce qu’on appelle… passer une bonne journée!

Le reste de notre semaine chez Heri est passée à une vitesse incroyable… nous avons pris le temps de profiter des choses simples qui font la vie de cette famille : boire une noix de coco fraichement cueillie, regarder le lever du soleil depuis la plage de sable noir, se rafraichir dans la mer, faire la sieste aux heures chaudes, se régaler de bons petits plats (parfois bien épicés !), papoter pendant des heures avec Heri à la nuit tombée sur la vie en Indonésie, jouer à cache-cache avec son fils et bien d’autres choses encore. Au moment de partir, le pincement au cœur est réciproque et nous prenons quelques photos tous ensemble… Heri arbore son grand sourire, comme d’habitude.

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Qui oserait encore dire qu’il n’y a rien à faire à Labuan Pandan ?

Si vous aussi vous voulez faire un petit tour du côté de chez Heri, c’est par ici (il y a même une photo de nous, à vous de nous retrouver 😉 ).

Mag

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