Lombok: Kuta, vamos a la playa!

Très différente de la Bali hindou ou des paradisiaques Gili, l’île de Lombok est considérée par beaucoup comme la Bali d’il y a 30 ans. Un tourisme encore peu développé et une nature sauvage dominée par l’imposant volcan Rinjani en font une destination de choix pour beaucoup de touristes souhaitant s’éloigner des sentiers battus. Les habitants, majoritairement musulmans, accueillent les Occidentaux avec une bienveillance non feinte et une réelle authenticité.

Quelques minutes de bateau depuis Gili Air et deux heures de route nous suffisent pour rejoindre notre nouvelle destination : Kuta. Sur papier (d’après les guides touristiques donc), cette ville de Lombok, qui ne doit pas être confondue avec la très festive Kuta de Bali, est la zone la plus touristique de l’île…il ne nous faut que quelques minutes pour nous rendre compte que la notion de « zone touristique » se révèle très subjective. Ici, peu d’étrangers sur les plages, un hôtel à moitié vide et des bars remplis de…locaux.Peu de touristes donc et, pourtant, Kuta ne manque pas de charme ! A peine nos valises posées, nous partons à la découverte de ses incroyables baies de sables blancs s’étendant sur des kilomètres, ses collines surplombant des lagunes turquoises… et ses singes sauvages sur lesquels nous tombons par hasard au détour d’une crique. Bien installés, ils profitent d’un bain de soleil en bord de plage et semblent curieux de notre présence. L’un d’eux se détache du groupe afin de mieux observer les étrangetés que nous sommes, osant même s’approcher à portée de main.

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Ne souhaitant pas être la cible d’un pillage organisé, nous tentons de l’éloigner en l’effrayant ce qui, au vu de son regard éberlué, semble plus le choquer que le faire fuir. C’est finalement nous qui reculons…

Le lendemain, bien décidés à découvrir les merveilles que nous cache la région, nous décidons, l’espace d’une journée, de retenter l’expérience d’une virée en scooter. Contrairement à ce que nous avions rencontré à Bali, ici les routes sont en bon état et la circulation quasi inexistante. Nous nous laissons guider par le « feeling » et c’est totalement par hasard que nous débouchons sur une plage du nom de Seger.

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Le panorama qui se déploie sous nos yeux est à couper le souffle : de douces collines vertes tombent dans une eau transparente alors que des buffles aux cornes démesurées se baladent nonchalamment sur la plage. Et quelle plage ! Du sable blanc à perte de vue dans une crique titanesque, protégée de l’océan par d’immenses rochers déchiquetés par les vagues. Une impression de bout du monde qui nous restera longtemps en tête… Mais nous en voulons plus et décidons, après avoir garé notre scooter dans un endroit à l’ombre, d’escalader l’une des collines pour prendre de la hauteur. Quelques minutes de grimpette frôlant parfois l’escalade et nous voici surplombant ce paysage déjà magnifique à hauteur d’homme. Nous restons de nombreuses minutes assis en bord de falaise à contempler cette vision de carte postale avant de finalement nous décider à redescendre vers la plage.

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Quelques photos dans notre appareil et des images plein la tête, nous décidons de reprendre la route. Mais, surprise… plus de scooter ! Celui-ci a littéralement disparu ! Ni une, ni deux, je m’élance sur la route de gauche et Magali sur celle de droite, peu convaincus de pouvoir remettre la main dessus (les vols de scooter étant visiblement fréquents dans la région). C’est alors que j’aperçois, au milieu des champs, un groupe de femmes s’agitant en tout sens en me criant des phrases incompréhensibles. Je finis par deviner qu’elles tentent de m’indiquer une direction où me diriger. Le voleur est-il parti dans cette direction ? Est-il encore au bout du chemin ? Sans réfléchir, je cours dans la direction indiquée et finis par tomber nez-à-nez avec deux hommes allongés sur une paillasse à l’abri du soleil et entourés de scooters. Passablement sur les nerfs, je leur demande s’ils ont vu passer notre deux roues. L’un des deux hommes se lève en maugréant et me montre la zone derrière lui en répétant «parking ! parking ! » Un rapide coup d’œil sur son fameux parking et… miracle ! Trônant au milieu d’autres engins motorisés se trouve notre scooter, sans une égratignure. Je me retourne éberlué vers l’homme (son acolyte n’avait pas bougé d’un pouce de sa paillasse) et lui demande si c’est lui qui l’a bougé. « Parking ! Parking ! » me répète-t-il. Traduisons ces deux mots par : « oui j’ai bougé ton scooter, parce que tu n’étais pas garé sur mon parking et maintenant tu dois payer pour la surveillance effectuée sur ton véhicule ». Soulagé d’avoir retrouvé l’engin, je file rattraper Magali (qui effectuait des recherches de l’autre côté de la rue) pour lui annoncer la bonne nouvelle.

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Un peu sonné par ce coup de stress, nous décidons néanmoins de poursuivre notre découverte de la région en prenant la direction d’un village traditionnel sasak, l’une des ethnies ancestrales de Lombok. La route est sinueuse mais agréable et nous ne croisons que peu de véhicules. Très vite, nous sommes obligés de nous arrêter pour nous ravitailler en essence, ce que nous faisons à la première « aubette » que nous croisons (en Indonésie l’essence se vend en bord de route dans des bouteilles en verre ou en plastique). A peine descendus de notre engin, nous sommes accueillis par le gloussement des trois femmes visiblement en charge du commerce. Apparemment, la vision de deux touristes blancs comme des linges dans ce recoin perdu d’Indonésie est un spectacle rare dont elles ne se lassent pas.

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Notre scooter ravitaillé, il est temps de payer. Je tends à la femme la plus proche un billet de 100 000 Rp (+- 7€) en m’excusant de ne pas avoir de plus petite coupure. Celle-ci, ne comprenant visiblement pas l’Anglais, glousse de plus belle en me rendant un billet de 50 000. Je proteste, soulignant le coût exorbitant du litre d’essence : 3,5€, même en Belgique, on ne paye pas ce prix-là ! Ni une ni deux, Magali renverse la transaction en récupérant notre billet et en lui rendant le sien. Ma chère et tendre s’en va d’un pas rapide à l’échoppe d’à côté, bien décidée à avoir du change, ce qu’elle obtient malgré la tentative de la vendeuse de garder le billet sans rien en retour ! Mais ces tentatives d’arnaque sont tellement naïves et réalisées avec de grands sourires sincères qu’il est réellement difficile d’être rancuniers et nous reprenons la route.

Quelques kilomètres plus loin, nous atteignons le village traditionnel sasak. Un guide local se propose gratuitement de nous faire visiter la bourgade. Une importante communauté sasak y vit encore de manière traditionnelle, tirant ses revenus de l’artisanat et du tissage d’étoffes.

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Le guide s’arrête à chaque maison pour saluer les habitants et nous raconter d’un ton jovial l’utilité de telle ou telle pièce. Nous circulons à travers des ruelles étroites bordées de part en part par des bâtisses construites en bambou et feuilles de palme tressées. De grands greniers à riz dominent le village. L’immersion est totale. Nous sommes les seuls touristes et chaque habitant que nous croisons nous gratifie d’un « Hello », en particulier les enfants, curieux de nous voir nous balader entre leurs maisons. Ceux-ci n’hésitent pas à nous demander nos noms, notre pays d’origine, etc. Nous finissons pas quitter l’endroit après un détour par les ateliers d’artisans et quelques bonnes affaires en poche.

Le lendemain matin, plus motivés que jamais, nous décidons d’emprunter les deux vélos mis à disposition gratuitement par notre hôtel. Nous avons été tellement éblouis par la plage de Seger la veille que nous souhaitons nous y rendre encore une fois. Cette fois-ci, nous prenons bien soins d’attacher nos vélos près de notre désormais célèbre gardien, bien décidés à éviter toute mauvaise surprise. Consciencieux, ce dernier ira même jusqu’à vérifier la solidité de la chaine du cadenas…

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Nous décidons de continuer notre balade jusqu’à la fameuse plage de Tanjung Aan, réputée pour son sable blanc. La plage est jolie, bordée de petits bateaux de pêcheurs mais, à côté de Seger, elle nous paraît finalement terne et pleine de monde. Les plus beaux endroits sont finalement souvent ceux que l’on trouve par hasard…

Pour notre dernier jour à Kuta nous décidons de finir en beauté. Toujours à la recherche de paysages à couper le souffle, nous décidons de prendre de la hauteur et de nous enfoncer dans les montagnes pour atteindre le « Ashtari Café », un bar possédant une vue panoramique à 180° sur Kuta, sa baie et ses environs. Nous prenons donc la route, à pied, bien décidés à parcourir les 8 kilomètres nous séparant de l’endroit. Très vite, le plat de la côte laisse place à des routes de montagne aux pentes marquées. La difficulté se fait ressentir et les locaux que nous croisons nous regardent avec un air rieur en nous saluant du haut de leur scooter. La route monte encore, nous laissant apercevoir un paysage magnifique. Au bout de plusieurs heures de marche, nous finissons par atteindre notre destination, fourbus mais ravis de pouvoir profiter de la vue somptueuse sur la baie de Kuta. Nous ne pensons pas encore au retour et profitons d’un moment autour d’un thé glacé pour nous déchausser de nos… tongs.

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Jon

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