Bali: Ubud, notre petite déception

Ubud, ce nom me faisait rêver depuis la lecture, il y a quelques années, du célèbre best-seller Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert. Décrite comme l’épicentre de la culture balinaise, cette ville nous semble un point de chute idéal pour une halte prolongée, c’est pourquoi nous décidons d’y poser nos valises 4 jours. Notre arrivée se fait sous une averse intense, la saison des pluies est toujours d’actualité.

Heureusement, un grand et brûlant soleil nous attend le lendemain matin. Nous en profitons pour filer directement à l’un des sites les plus réputés d’Ubud : la Monkey Forest. Cette réserve naturelle dissimule trois temples sacrés mais est surtout connue pour les colonies de macaques qui l’habitent. Et de fait, dès notre entrée sur le site, nous pouvons observer des dizaines de singes à seulement quelques mètres de nous, affairés à leur tâches quotidiennes et pas le moins du monde intimidés par la présence humaine. Il faut dire que l’endroit est peuplé d’autant de touristes que de primates. Nous décidons de nous enfoncer au plus vite dans le site, en espérant ainsi échapper à la foule dense de l’entrée. Peine perdue, les groupes de visiteurs sont partout.

Néanmoins, le lieu conserve du charme. Le temple principal, entouré de forêt épaisse, rappelle celui d’Indiana Jones. Les singes sont nombreux et n’hésitent pas à nous approcher, par jeu ou curiosité. L’un d’entre eux trouve le sac à dos de Jonathan particulièrement attrayant. En deux bonds, il monte sur ce dernier et glisse ses mains dans les poches accessibles. Peine perdue, elles sont vides… Il entame alors l’ouverture de l’une des tirettes avant de se faire chasser du sac par nos soins. Il n’y a pas à dire, ces petites bêtes sont vraiment malignes…

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Un peu plus loin, c’est une famille entière que nous avons l’occasion d’observer. Maman se fait épouiller par une autre femelle de la famille pendant que Bébé en profite pour faire les 400 coups et se fait rappeler à l’ordre par le grand frère, à peine plus âgé. Ces scènes sont touchantes, surtout quand le grand frère décide de partager son fruit avec le petit ou encore lorsque ce dernier est couvert de bisous par sa mère (de vrais bisous !). Impossible de ne pas s’attendrir.

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Cependant, la chaleur lourde du lieu fait que nous ne nous éternisons pas davantage. Nous nous posons dans un restaurant à proximité pour déjeuner. Ce n’est qu’à la fin du repas que nous nous apercevons… d’avoir oublié notre carte de crédit à notre GuestHouse (et, bien entendu, de ne pas avoir assez en cash pour payer le repas). Oups !! Notre hôtel se trouve à 45 minutes de marche, faire l’aller-retour à pied dans un délai raisonnable nous paraît donc difficile. Jonathan décide donc, avec le peu de monnaie qu’il nous reste, d’aller chercher notre carte en taxi et me laisse comme garantie… Une demi-heure plus tard, le voilà de retour, en nage.

Notre note enfin payée, il est temps de prendre le chemin du retour. Entretemps, une pluie diluvienne s’abat sur Ubud mais au vu du prix astronomique demandé par le taxi à Jonathan quelques minutes plus tôt, il est hors de question de revenir à la GuestHouse autrement qu’à pied. Autant dire que trempés serait encore un euphémisme pour décrire l’état dans lequel nous sommes rentrés. L’eau ayant dévalé directement dans mes chaussures, je marche dans une véritable mare et nos KW n’ont pas résistés à autant d’eau…

Remis de nos émotions, nous passons une excellente soirée avec Benjamin, un Français également en tour du monde. La dernière fois que nous nous étions croisés c’était… au fin fond de la Mongolie ! Le hasard fait parfois bien les choses puisque nous n’avions pas arrangé nos itinéraires pour nous trouver sur Bali au même moment ! Nous passons la soirée à échanger sur nos aventures respectives et nous nous quittons en nous promettant de nous retrouver la prochaine fois autour d’un paquet de frites en Belgique.

2ème jour sur Ubud, le temps est mi-figue mi-raisin. Nous décidons de ne pas nous aventurer trop loin et de visiter le centre, parsemé de temples, de galeries d’art, de boutiques et de cafés. Pour être honnêtes, cette balade nous laisse un goût mitigé : l’impression d’avoir vu bien plus beau ailleurs, des touristes dans tous les sens qui gâchent la sérénité des lieux, des prix astronomiques et, surtout, un harcèlement des locaux (mendiants, taximen) que nous n’avions rencontrés nulle part ailleurs sur l’île. Nous trouvons heureusement refuge dans un petit havre de paix : le temple hindou Taman Saraswati où seuls quelques locaux sont présents pour faire des offrandes. Les bassins couverts de lotus qui devancent le temple accentuent l’aspect apaisant du site. Un warung (petit restaurant) désert a installé quelques tables basses sur des paillasses juste devant le temple. Nous nous y installons et nous laissons gagner par la quiétude du lieu.

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Le lendemain, malgré la pluie fine de ce début de matinée, nous sommes bien décidés à randonner. La crête de Campuan nous attend. Cette promenade nous emmène sur les hauteurs d’Ubud. Le chemin, situé sur le sommet d’une colline, nous offre une vue plongeante sur les deux versants couverts d’herbes à éléphant (utilisées dans la construction des toits de chaume). La vue, malgré le ciel gris, est jolie et la route traverse ensuite un petit village et quelques rizières. La balade est sympathique mais nous avons clairement vu plus beau ailleurs à Bali.

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Le temps se lève et nous décidons de pousser la balade un peu plus loin en nous rendant au village de Petulu, venté par le Lonely Planet pour ses milliers de hérons au milieu des rizières et la balade « agréable » que le village constitue depuis Ubud. Sincèrement, nous cherchons encore ce qui peut être agréable dans le fait de longer une route à grande vitesse bordée de chaque côté par des ateliers de fabrication, sans aucune vue sur le paysage environnant, tout en se faisant sans cesse doubler par des scooters bruyants et polluants…

Néanmoins, nous maintenons le cap sur Petulu, espérant découvrir la perle cachée… Nous quittons enfin la grand route pour entrer dans un petit village à l’aspect peu engageant : chiens errants, combats de coq, pauvreté ambiante… Nous sommes clairement dévisagés et peu à l’aise dans ce village isolé. Rien n’est indiqué, nous doutons être au bon endroit. Un petit vieux, qui semble un peu dérangé, nous vient cependant en aide. Il nous mime des battements d’ailes. Nous hochons de la tête. Il nous indique alors que nous devons poursuivre la route. Nous arrivons enfin au milieu de quelques rizières mais l’odeur devient pestilentielle. Effectivement, nous sommes entourés de dizaines d’hérons blancs perchés dans les arbres environnants. La route est recouverte de leurs excréments et de plumes. Un chien errant commence à grogner.

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L’endroit nous paraît sombre et un peu hostile, nous décidons de faire demi-tour et de rentrer au plus vite mais impossible de trouver une voiture pour nous ramener. Le village est vraiment isolé, seuls quelques scooters passent de temps en temps et personne ne semble parler anglais. Ce n’est qu’une fois revenu sur la route principale que nous trouvons un taxi pour revenir à Ubud. Il est temps de rentrer car je commence à être prise de maux de ventre terribles.

Les deux journées suivantes se passent dans le fond de mon lit à contempler les murs de notre Guesthouse. J’ai droit à une belle gastro-entérite et nous sommes obligés de changer notre programme : Amed et la côte Est, ce sera pour une prochaine fois. Nous préférons trouver un lieu paisible, à proximité d’Ubud, où je puisse me remettre tranquillement. Sidemen semble être l’endroit parfait pour une retraite forcée : de fabuleux paysages de rizières d’un vert éclatant (merci la saison des pluies), une vue magnifique sur les volcans environnants, une douce ambiance rurale, pratiquement aucun touristes et, le soir venu, le croassement des grenouilles et le grésillement des cigales pour seules musiques…

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Mag

3 réponses à “Bali: Ubud, notre petite déception

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