Bali ouest: sea, trek and sun

Nous débarquons à Bali bien fatigués de nos 7 mois de pérégrination à travers le monde et de notre travail intensif auprès d’ADRA. Cela tombe bien car notre programme en Indonésie est simple : prendre du repos avant notre prochain projet au Vanuatu, que nous ne pouvons rejoindre pour le moment (saison cyclonique oblige).

Dès notre arrivée, nous sommes en quête de calme et cherchons à fuir le tourisme de masse. Nous mettons donc le cap sur la partie ouest de Bali, peu visitée, et faisons une première étape à Balian Beach. Réputée pour ses rouleaux qui attirent les surfeurs, cette plage de sable noir est une invitation à la flânerie…

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L’ambiance y est décontractée avec ses pêcheurs, surfeurs, chiens errants et petits cafés qui jalonnent la plage. Le soleil y brûle néanmoins ardemment, nous empêchant de trop nous promener aux heures chaudes. Nous sommes pourtant en pleine saison des pluies mais il semblerait que l’île nous ait épargné durant quelques jours. Nous avons cependant beaucoup de difficulté à supporter la moiteur de l’air, encore bien plus saturé d’humidité qu’en Equateur. Le moindre effort nous met en nage.

Pour notre 2ème jour sur Bali, nous décidons de louer un scooter. Nous avons lu beaucoup de récit de voyageurs mettant en garde sur la dangerosité de cette activité mais nous partons confiants, décidés à rouler lentement et prudemment. Nous en prenons directement plein les yeux : cette partie de Bali, encore bien peu touristique, est ponctuée de plages de sable noir désertes, de rizières d’un vert éclatant et de temples. Le vent frais généré par la vitesse du scooter nous permet également de mieux respirer, quel incroyable sentiment de liberté !

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Cependant, nous déchantons très vite. Nous avons beau rouler à du 20 km/h et bien rangés sur le côté, nous devons redoubler d’attention pour éviter un accident : animaux qui déboulent sans crier gare sur la route, gros camions qui nous doublent à quelques centimètres seulement et surtout… voitures venant en sens inverse qui dépassent leur congénères et se rabattent seulement au dernier moment. Les Balinais sont des gens absolument adorables mais, il faut bien l’avouer, ils roulent comme des fous… Bref, c’est totalement crispés que nous parcourons les 20 kms qui nous séparent du but de notre escapade : le temple Rambut Siwi.

Perché sur une falaise qui surplombe une plage de sable noir, ce temple est l’un des plus importants de Bali. Nous sommes les seuls touristes de ce coin perdu et le gardien nous accueille, ravi. Ils nous fait enfiler des sarongs (sorte de pagnes traditionnels) puis nous fait découvrir ce temple de la mer vieux de plus de 400 ans.

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Nous avons l’occasion d’y observer une procession et les nombreux locaux présents sont absolument adorables avec nous. Plusieurs personnes viennent nous parler pour nous demander d’où nous venons, depuis combien de temps nous sommes à Bali, etc.

La route du retour nous semble encore plus dangereuse que celle de l’aller. Nous évitons de justesse un accident grave et rentrons à l’hôtel au plus vite, heureux d’être toujours en un morceau. Le loueur s’étonne : « mais vous avez le scooter pour toute la journée, il est à peine 14h ». Non mais, ça ira comme ça. Dommage, la région semble être une terre d’exploration mais nous en avons assez vu pour la journée.

Notre destination suivante est une petite ville balnéaire perdue à l’extrême Ouest de Bali. Pemuteran longe une baie incurvée et protégée par une barrière de corail. L’eau de la mer y est si calme que l’on pourrait croire être au bord d’un lac. En arrière fond, se détachent plusieurs anciens volcans verdoyants. Le décor est si joli que nous avons l’impression qu’il s’agit d’affiches placardées derrière nous… et, à nouveau, peu de touristes à l’horizon.

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Pemuteran est aussi connue pour son vaste projet de restauration des récifs de coraux (projet Bio Rock). On ne peut qu’apprécier et constater par nous-mêmes les progrès effectués : de nombreuses nacelles, parcourues de petites impulsions électriques, ont été amarrées dans le fond de la baie. Ceci permet au corail de s’y accrocher et d’être stimulé dans sa croissance. Et visiblement, cela fonctionne car à peine entrés dans l’eau, nous sommes entourés de poissons et de récifs coralliens. Le lieu semble idéal pour ma première initiation au snorkeling (nager en restant en surface, avec masque et tuba). J’ai toujours eu peur de nager en profondeur, Jonathan est donc obligé de s’y prendre par étapes pour me faire avancer. Mais je l’avoue, l’observation de ce monde inconnu et fascinant (et le fait que la profondeur reste limitée…) prend vite le dessus sur mes appréhensions et nous nous aventurons à une distance de la plage jusqu’à laquelle je n’aurais jamais pensé aller. Nous voyons des étoiles de mer, des langoustes mais surtout un nombre incalculable de poissons multicolores et fluos… Certains ne sont vraiment pas craintifs et s’approchent de nous jusqu’à nous toucher. L’expérience me plait tellement que j’y retourne seule quelques heures plus tard…

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Mais il est déjà temps pour nous de quitter ce petit coin de Paradis pour nous rendre à Munduk, un peu plus dans le centre de l’île. Si nous avons été jusqu’ici épargné par le mauvais temps (hormis une ou deux averses), il semble qu’à Munduk la saison des pluies nous a bien rattrapés. Il pleut des cordes à notre arrivée dans ce village de montagne et les forêts environnantes, luxuriantes et brumeuses, semblent confirmer l’humidité ambiante. C’est donc sans étonnement que nous apprenons la présence de dizaines de cascades dans les environs. Un plan dessiné à main levée avec quelques points de repères par notre hôte et nous voilà partis dans la jungle.

Les chemins sont escarpés, moussus et glissants. L’un des passages est une pente en pierre, recouverte de mousse. Autant dire que malgré nos bottines de randonnée, nous glissons et devons avancer à pas de souris. Une Balinaise nous aperçoit et vient en courant à notre rescousse. Nous la voyons, éberlués, dévaler la pente avec une aisance de chamois. Elle est pourtant… chaussée d’une simple paire de tongs. Arrivée à notre hauteur, elle nous regarde d’un air sincèrement peiné. « Je crois que vos chaussures ne sont pas adaptées » nous glisse-t-elle. Nous devons nous retenir de rire devant l’absurde de la situation !

Nous hésitons à chaque embranchement sur la direction à prendre. Heureusement, mon sens de l’observation me permet de trouver quelques repères indiqués sur notre carte à main levée et, aidés par quelques locaux croisés en chemin, nous finissons par entendre une rumeur d’eau persistante. Nous nous enfonçons encore un peu plus dans la forêt et découvrons une gigantesque cascade qui nous offre un spectacle splendide. Impossible de prendre une bonne photo car nous sommes éclaboussés de toute part mais la beauté du lieu est stupéfiante (le fait que nous y sommes seuls rajoute encore au charme de l’endroit).

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Mis en appétit par ce magnifique tableau, nous décidons de poursuivre la balade jusqu’à une seconde cascade. Il nous faut pour cela emprunter une longue et raide volée d’escaliers.

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Nous sommes trempés, autant de la moiteur de la forêt que de transpiration. Nous devons faire des pauses régulières car l’effort est violent et dans la chaleur ambiante, nous étouffons un peu. Mais au plus nous nous élevons dans la forêt, au plus le paysage devient sublime. Nous hésitons à nouveau plusieurs fois sur le chemin à suivre mais quelques locaux sont de bons conseils. L’un d’entre eux tient un warung (sorte de petit restaurant) et nous propose de nous arrêter pour boire un thé glacé. En sueur, nous acceptons volontiers. C’est la bonne idée du moment car à peine rentrés dans la gargote, la pluie tropicale se met à tomber. De plus, notre hôte est jovial et parle un très bon français (!). Il nous explique qu’il est en fait guide dans la région et nous raconte quantité de choses sur ce que nous voyons autour de nous. Un bon moment.

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La pluie nous offre un répit et nous nous remettons en route. Un quart d’heure plus tard, nous découvrons ces secondes chutes d’eau… le spectacle est aussi magique que la première fois. Des oiseaux viennent se rafraichir dans le nuage de brume créé par la cascade.

Il est temps pour nous de sortir de la forêt et de rejoindre la route principale. Ravis d’autant de beauté, nous en voulons toujours plus. Nous décidons d’entamer la route pour rejoindre un lac de la région, soi-disant à 3 kms de là (mon plan à main levée n’est comme qui dirait pas vraiment à l’échelle…). 1h de montée dans les jambes plus tard, nous commençons à nous épuiser… et la pluie se remet à tomber abondamment. A chaque virage, nous espérons découvrir le lac mais il ne se montre pas et la brume commence à boucher le paysage. Nous décidons de faire demi-tour, en stop car nous sommes désormais bien loin de Munduk. Un gentil chauffeur nous ramène à notre guesthouse. Nous avons été bien inspirés car la pluie ne disparaitra plus du reste de la journée et se transformera littéralement en trombes d’eau, noyant le village sous des inondations. Quant au lac, nous irons le voir le lendemain, en taxi. Et nous nous apercevrons qu’il était beaucoup, beaucoup plus loin que ce que nous pensions…

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Mag

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