« It’s so hard to say goodbye »

Dans quelques jours, nous reprenons la route. Un nouveau pays (l’Indonésie), de nouvelles aventures, de nouveaux horizons. Mais avant cela, il nous faut partir. Quitter. Laisser derrière nous tellement de bons moments et tellement de belles rencontres. C’est aussi cela, voyager. Il ne suffit pas de faire connaissance et de s’attacher… il faut aussi savoir dire au revoir…

La Mongolie, le Kirghizstan, l’Equateur. 3 pays que nous avons traversés au cours de ce voyage mais aussi 3 déchirements…

Mongolie

Après plusieurs jours passés dans les steppes mongoles en compagnie de Meaa et de sa famille, nous nous doutions que le moment de la séparation serait difficile. C’est pourquoi, Meaa autant que nous, nous le repoussons le plus longtemps possible. Nous passons la journée tous ensemble, « comme si de rien n’était ». Mais le moment inévitable des au revoir se profile pourtant à l’horizon…

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Nous savons que nous ne nous reverrons plus mais à quoi nous servirait de mettre des mots là-dessus ? C’est donc en silence qu’ont lieu nos adieux. Meaa nous serre dans ses bras puis il regarde longuement Jonathan avant de prononcer, pour la première fois depuis notre arrivée, un mot en anglais : « friends ». Il le répète une deuxième fois, puis il enfourche sa moto et s’élance dans les steppes, sans un regard en arrière. Un adieu tout en pudeur, mais tellement authentique que cela n’en devient que plus touchant. Nous restons un long moment, Jonathan et moi, dans l’entrée de la yourte à le regarder s’éloigner à l’horizon jusqu’à ce qu’il disparaisse de notre vue… La gorge nous serre un peu, il faut bien l’avouer.

Kirghizstan

Pour notre dernière soirée à Bishkek, Aipery (une jeune collègue d’ADRA) et Milan, son mari, ont tenu à nous inviter manger chez eux. Ce jour tombe en pleine semaine et nous apercevons Aipery, à la fin de notre journée de travail, s’encourir chez elle, visiblement paniquée à l’idée que tout ne soit pas prêt en temps et en heure pour nous recevoir. Nous lui assurons à plusieurs reprises que nous avons tout notre temps et que nous pouvons venir plus tard, mais rien n’y fait, à l’heure dite, Milan passe nous chercher et nous amène chez eux.

Un autre couple nous rejoint, des expatriés argentins, collègues de Milan, avec qui nous avons également sympathisés. Aipery nous installe et nos assiettes se retrouvent bien vite garnies de manty, soit des raviolis bouillis farcis à la viande de mouton. Milan nous explique que ce plat demande beaucoup de préparation (d’où la précipitation d’Aipery à la sortie du travail) et qu’il n’est donc servi qu’aux invités de marque. Nous sommes très touchés, évidemment. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises…

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A peine le repas terminé, Milan et Aipery se mettent debout et prennent un ton solennel. Totalement surpris, nous ne réalisons pas tout de suite ce qu’il se passe… visiblement, ils nous ont tout bonnement préparé une petite cérémonie d’adieu ! Milan prononce un discours avant de nous remettre des cadeaux : un magnifique kalpak (chapeau traditionnel kirghiz) pour Jonathan et un châle pour moi. Nous sommes très émus car nous savons ce que ces cadeaux représentent pour ce jeune couple dont nous connaissons les difficultés financières. Le couple nous serre dans ses bras puis Milan remplit nos verres et nous demande de nous lever pour « trinquer une dernière fois ensemble ». Il prononce ensuite une longue prière en russe et conclut par cette phrase, en anglais : « mes amis, si nous ne nous revoyons plus dans cette vie, j’espère vous retrouver dans la prochaine ! »…

Equateur

Nous ne pouvions quitter Guayaquil sans dire au revoir au petit groupe de femmes à qui nous avons donné cours pendant ces deux derniers mois. Lundi 14h, quelques heures seulement avant le décollage de notre avion pour Quito, nous nous rendons pour la dernière fois à l’atelier textile que nous connaissons maintenant si bien… et visiblement, nous arrivons un peu trop tôt au rendez-vous : quelques femmes nous informent, gênées, qu’elles sont encore « en plein préparatifs » et qu’il nous faut revenir dans une demi-heure (aaah, l’heure équatorienne !). Euh… préparatifs ???

Le temps d’un petit tour dans un supermarché du coin, nous sommes de retour à l’atelier et nous découvrons ce que nos anciennes élèves mijotent : la salle est décorée de ballons et une table est dressée. Dessus, des dizaines de plats ont été apportés. Nous avons droit à un sacré banquet pour notre départ ! Cela nous touche car nous savons que ces femmes vivent des situations particulièrement difficiles et qu’elles ont manifestement mis tout leur cœur à préparer ces plats.

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Celles-ci, déjà nostalgiques de notre départ, nous font promettre de revenir en Equateur mais, cette fois, « à trois ». Et puis, l’une des femmes sort timidement un cadeau, confectionné main. Et puis une deuxième et une troisième et une quatrième… Nous ne nous attendions pas du tout à une telle avalanche d’attentions. Nous ne savons que dire devant tant de générosité. Certaines ont dû passer des semaines pour nous confectionner qui un sac, qui des vêtements, qui des objets de décoration. Ces objets artisanaux sont magnifiques, nous n’en croyons pas nos yeux. Cela nous paraît totalement disproportionné !

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Les femmes réclament ensuite des photos avec nous et nous voilà transformés en véritables stars : chacune dégaine son téléphone pour prendre quelques clichés puis nous demande d’écrire un petit mot dans un carnet, sur une feuille… Enfin, ce sont les dernières embrassades car il nous faut partir pour l’aéroport. Il nous est difficile de nous arracher de l’atelier car nous savons que nous ne reverrons jamais la plupart de ces femmes. Alors, nous partons vite, pour ne pas être tentés de faire demi-tour…

Ces trois souvenirs resteront certainement gravés à jamais dans nos mémoires. Ce sont de beaux instants de vie où nous prenons conscience qu’au-delà des barrières culturelles et langagières des liens authentiques peuvent se tisser. Il y a cependant tant d’autres beaux moments à raconter, tant d’autres personnes dont nous avons croisé la route et qui nous ont si gentiment offert de leur temps, de leur générosité et de leur amitié… Chaque adieu nous a déchiré le cœur, comme si nous y avions laissé une petite part de nous-mêmes. Mais finalement, le plus triste serait certainement de n’avoir jamais rencontré toutes ces personnes magnifiques !

Mag

5 réponses à “« It’s so hard to say goodbye »

  1. Un grand MERCI, Magali, pour tous tes messages empreints d’une profonde humanité (amour, simplicité, tolérance, reconnaissance… tant de dons divins).

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