A tous nos possibles

Des milliers. Peut-être même des milliards. Avez-vous déjà réfléchi au nombre de choix que nous devons réaliser par jour ? Le réveil sonne. Vais-je me lever tout de suite ou le laisser sonner ? Vais-je me lever du pied gauche ou du pied droit ? Que vais-je manger au petit-déjeuner ?… Nous n’arrêtons pas de choisir. Des petits décisions, insignifiantes, qui sont presque de l’ordre du réflexe, aux grands choix de vie qui peuvent déterminer toute une carrière, une vie de famille, voire un « destin »…

Et il m’arrive parfois de penser à toutes mes « autres vies ». Celles que j’ai laissées de côté et qui auraient pu être les miennes. Je me revois encore, enfant, rêvant avec ma meilleure amie devant « Out of Africa ». Nous jurions toutes les deux que nous deviendrions photographe animalier en Afrique. Parfois, je m’imaginais aussi écrivain ou vétérinaire. Ou vivant dans une estancia en Patagonie. Ou tout simplement maman de trois enfants dans la maison que j’aurais rénovée en Belgique.

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Bref, tout ce que j’aurais pu devenir « si »… Je me souviens en septembre avoir eu un petit coup au moral lorsque mes collègues ont repris le travail. J’avais l’impression de manquer quelque chose. Je m’imaginais quels élèves j’aurais eus, quels cours j’aurais donnés « si » je n’étais pas partie en tour du monde…

Faire des choix est parfois difficile. Souvent même. Un véritable casse-tête. Mais en réalité, ce qui est encore plus difficile, c’est de les assumer. Sans regret. Sans culpabilité. Sans peur.

Quel chemin prendre ? Il m’arrive souvent ces temps-ci de me sentir à un carrefour dans ma vie, à une intersection entre deux routes qui s’offrent à moi et entre lesquelles je devrais choisir. Et souvent j’ai peur de « me tromper » de voie. Mais finalement, n’est-ce pas une façon simpliste de voir la vie ? Un bon choix et un mauvais. Oui ou non.

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Ne serait-ce pas cruellement manquer de nuances ? N’y a-t-il pas plutôt, à côté des grands boulevards directeurs de ma vie, une infinité de sentiers que je peux également emprunter ? Ne dois-je pas accepter de parfois tourner en rond ou voire même revenir en arrière pour suivre une autre voie, essayer une autre direction ?

« C’est une chose de penser que l’on est sur le bon chemin, une autre de croire que ce chemin est le seul. » Paolo Coelho

Je pense que le plus important finalement n’est pas tellement le chemin que nous empruntons mais le fait que nous avons décidé de l’emprunter, de devenir acteur de sa vie.

S’il y a bien quelque chose que j’aurai appris au cours de ce voyage, c’est que peu de choses sont réellement impossibles. Parfois il m’arrive de penser à quel point cela doit être chouette de vivre de ceci ou d’apprendre cela . Et puis je réalise que je peux le faire. J’ai déjà vécu au milieu des nomades mongoles, j’ai déjà voyagé jusqu’aux confins du Kirghizstan, j’ai déjà appris des rudiments de russe… alors pourquoi ne pourrais-je pas faire de la couture ou tenir une « GuestHouse » dans un pays tropical ? Au fond, rien ne m’en empêche.

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Et là je réalise la chance que j’ai. Elle n’est pas, contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, celle de pouvoir faire le tour du monde. Comme l’explique si bien « Histoires de tongs », je n’ai pas ouvert une pochette surprise m’offrant un voyage d’un an. Pour partir, il y a beaucoup de choses auxquelles j’ai dû renoncer: me séparer de mes proches, de mon chat, rater des mariages d’amis, des naissances, des anniversaires, dépenser pratiquement toutes mes économies, rendre mon avenir professionnel incertain…

Alors oui, ne nous voilons pas la face, j’ai clairement eu la chance de naître du bon côté de la planète. De grandir dans une société qui me permet d’avoir des rêves et de faire des choix. D’être entourée de personnes merveilleuses qui me soutiennent. Par rapport à beaucoup de gens rencontrés au cours de ce voyage, il est clair que je suis née sous une bonne étoile.

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Mais j’ai aussi eu le courage de croire en mes rêves et j’ai la chance maintenant de savoir que peu de choses, pour nous qui ne devons pas penser à notre survie, sont réellement impossibles. Mais pour cela, il faut travailler dur et se donner les moyens d’y arriver. Il faut oser sortir de sa zone de confort, oser faire le premier pas…

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » – Mark Twain

Finalement, toutes ces « autres vies » dont je parlais au début de l’article sont susceptibles d’exister un jour. Actuellement, elles n’existent que dans mon esprit. Pour le moment. Mais si je le décide, je pourrais les vivre. Il s’agit de mon « arbre des possibles » comme dirait Werber. Et cette perspective est merveilleuse et me donne un sentiment que je souhaite à tout le monde de vivre au moins une fois dans sa vie : un sentiment de liberté incroyable !

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« On a deux vies et la deuxième commence le jour où on réalise qu’on n’en a qu’une » – Confucius

Mag

p.s.: pour lire un très beau témoignage à ce sujet, allez jeter un oeil sur l’article de Little Gypsy.

 

10 réponses à “A tous nos possibles

  1. Magnifique réflexion à la croisée des chemins !
    Je te reçois 5/5 mon enfant, et aimerais poursuivre en ajoutant ceci :

    Le chemin de vie, le chemin de ma vie, n’est pas celui que je choisis, mais ceux qui s’imposeront à moi tout au long de ma pérégrination sur terre, et à tout âge; comme une évidence, un lointain écho, parce que finalement, nous ne sommes que des marionnettes reliées à une main céleste. cependant, on peut toujours choisir de couper un ou plusieurs fils…….
    L’essentiel après tout est d’être heureux et de rendre heureux !

    Granny elle choisit la maison avec trois enfants, ou les chambres d’hôtes en Amérique latine ! Ou les deux pourquoi pas ?
    Bisous

    Aimé par 1 personne

  2. J’aime beaucoup ta réflexion, basée sur les choix et le fait de les assumer ! Je voudrais aussi y rajouter dans les inconfort qu’il faudra assumer en rentrant les amitiés qui changent, les ruptures, les accidents de vie, les personnes qui disparaissent et toutes les conséquences que cela peut avoir de ne pas être au côté de ses amis dans ses moments là! ! Que devient une amitié quand on est pas la dans les moment difficile?
    Ça fait 2ans et demi que j’ai quitté la Belgique, j’en ai encore pour quelque temps sur la route de l’autre bout su monde et je ne peux pas m’empêcher de me demander ce que je vais y retrouver quand je rentrerais..
    Le voyage et ces choix, ça bouscule aussi les relations avec les proches!! Ça aussi il faudra l’assumer…
    Merci d’écrire sur ce qu’est réellement le voyage, ça change de tous ces articles qui disent viens avec nous dans la communauté du voyage, tu verras, c’est trop cool…
    Well donne magali
    Enjoy!

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    • Merci! Effectivement, il n’est pas si facile de partir à l’autre bout du monde et ceux qui n’ont jamais franchi ce pas ne se rendent souvent pas compte de ce que cela implique. Mais en même temps, il y a de quoi être fier de ce parcours, de cette voie choisie et assumée…

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  3. Philosophie introspective ? Le doute amène la réflexion, et c’est une bonne chose tant que la réflexion n’entrave pas l’action… Vous savez qu’ici il neige et qu’on se les gèle ! Vivement les vacances pour vous aussi ! Je vous embrasse !

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  4. Coucou à tous les deux! Bel article 🙂 Merci pour la mention que je découvre avec 50 ans de retard haha! Bonne continuation à tous les deux et au plaisir de vous croiser un jour!

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