Moins « sexy » mais tout aussi utile…

Vasyl est le directeur d’ADRA au niveau de toute l’Asie centrale. A 37 ans, cet Ukrainien d’origine est plein de dynamisme et souhaite développer les bureaux d’ADRA dont il a la charge en créant de nouveaux projets. Plus particulièrement, il aimerait s’attaquer aux problèmes environnementaux qui affectent toute l’Asie centrale… Lorsqu’il a appris que Jonathan avait une formation en écologie, Vasyl ne s’est plus senti : il a vu dans notre arrivée au Kirghizstan l’occasion idéale pour enfin créer de nouveaux projets dans ce domaine. Il nous a donc chargés d’une mission : réfléchir de façon concrète à ce qui pourrait être fait. Autrement dit, analyser les besoins sur place, prendre des contacts, trouver des partenaires potentiels, faire une étude de faisabilité…

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On vous l’accorde, ce travail nous a semblé au départ bien moins « sexy » que celui que nous avions réalisé en Mongolie… ici, pas de visites aux enfants handicapés dans des yourtes, pas de réalisation de vidéo, pas de jardinage… à la place, de la récolte d’informations, du calcul de budget, de la rédaction de notes conceptuelles (c’est-à-dire de petits dossiers destinés aux potentiels donateurs présentant les grandes lignes du futur projet). Bref, de la théorie qui remplace de la pratique. Mais en même temps, quel challenge! Car si ces nouveaux projets aboutissent, ils pourraient réellement améliorer la vie de dizaines, voire de centaines de personnes… Beaucoup de pression sur nos épaules !

Et donc, ça donne quoi ?
 Premier projet : le plastique, c’est fantastique…

On ne vous l’avait pas caché, le Kirghizstan est un pays qui fait face à de nombreux défis, notamment en matière d’environnement : mauvaise qualité de l’eau potable, désertification, mais surtout peu, voire pas, de gestion des déchets. Résultat : ceux-ci s’accumulent dans les décharges qui entourent les grandes villes ou, tout simplement, dans la rue. Ici, pas de recyclage ni de valorisation des déchets. Tous les vendredis soirs, ces derniers sont tout simplement brûlés pêle-mêle sur le pas des portes, provoquant des émanations noires qui rendent l’air suffocant. Tout y passe : papiers, déchets ménagers mais surtout… bouteilles et sacs en plastique !

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Et c’est là qu’est venue l’idée d’un premier projet : et si nous mettions sur pied une petite entreprise sociale de recyclage des déchets plastiques ? Croyez-le ou non, ici, cela n’existe pas ! On pourrait imaginer des points de collecte où le plastique usagé serait acheté au poids. Celui-ci serait ensuite trié, lavé et transformé en granulés qui pourraient être revendus comme nouvelle matière première aux entreprises.DSC_0535

Cela aurait l’avantage de réduire le nombre de plastiques trainant dans les rues mais aussi d’inciter la population à trier ses déchets. Et puis, ce qui ne gâche rien, cela fournirait du travail à plusieurs dizaines de personnes… Un travail stable et payé décemment. Rappelons que le niveau de vie au Kirghizstan est effroyablement bas … le salaire mensuel moyen tourne autour de 80€, ce qui est bien entendu insuffisant pour couvrir les besoins élémentaires (par exemple, le loyer pour une petite chambre + salle de bain tourne autour de 120€ par mois). Une grosse partie de la population vit sous le seuil de pauvreté et le chômage est un vrai fléau.

Second projet : richesse insoupçonnée au fond des toilettes…

Très vite, Vasyl nous a parlé d’un problème qui lui tenait à cœur et pour lequel il espérait que nous (enfin, soyons francs, surtout Jonathan) pourrions trouver une solution. A 75 kms de Bichkek, la capitale, se trouve un orphelinat accueillant un peu plus de 120 enfants. Les budgets alloués par l’Etat pour permettre le fonctionnement de l’établissement sont peu élevés et il est donc difficile pour la directrice de subvenir aux dépenses pour l’entretien des bâtiments. Résultat : les sanitaires, en ruine, datent de plus de 60 ans et sont dans un état de délabrement qu’il me serait bien difficile de décrire…

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Une situation qui n’a pas été sans rappeler à Jonathan celle d’un internat au Burundi pour lequel il a aidé à mettre en place un projet de biogaz… Bingo, il n’y a plus qu’à imaginer la même chose pour l’orphelinat ici.

Je ne peux malheureusement pas vous éclairer sur les détails techniques (rappelons que mes études se situaient plutôt dans le domaine littéraire…) mais l’idée est de rénover les sanitaires (douches et toilettes) de l’orphelinat et de connecter celles-ci à un biodigesteur. Pour faire simple, ce système permet d’extraire du gaz des excréments et eaux usées, gaz qui pourra être ensuite utilisé directement pour alimenter les taques à gaz de la cuisine et/ou pour produire de l’électricité… L’orphelinat, en plus d’avoir des sanitaires tout neufs, pourra donc devenir autonome en énergie et ainsi réduire ses coûts de fonctionnement.

Troisième projet : et si on restait cohérents…

Un petit aspect nous gênait cependant… il ne nous semblait pas très cohérent de mettre sur pied tous ces projets écologiques alors que nous observons beaucoup de gaspillages au quotidien de la part des employés d’ADRA Kirghizstan… Bouilloire qui chauffe toute la journée, sacs en plastique en veux-tu en voilà, portes extérieures qui restent ouvertes alors que le chauffage fonctionne… En parlant avec les uns et les autres, nous nous apercevons vite que ces gestes ne sont pas le résultat d’une mauvaise volonté mais bien d’une ignorance profonde des problèmes environnementaux. Lorsque je demande à un employé pourquoi il est fait couler l’eau du robinet abondamment pendant plusieurs longues minutes pour laver une petite cuillère, il me répond que « l’eau ne coûte pas cher au Kirghizstan ». Ce n’était évidemment pas le sens de ma question et nous nous apercevons que nous sommes confrontés à un réel décalage culturel.

Nous en parlons à Vasyl qui est d’emblée ravi de pouvoir rendre son bureau un peu plus « vert ». Il semble lui-même avide de connaissances dans ce domaine, nous pose un tas de questions. Il découvre qu’il existe du papier recyclé ou encore le principe du compost. Il est emballé, veut tout savoir et… nous propose de donner un cours pour sensibiliser ses employés à la question de l’écologie, après quoi nous essayerons de mettre en place une série de petites actions pour améliorer cet aspect au sein du bureau.

Finalement, tous les chemins mènent à l’enseignement… 😉

Mag

 

8 réponses à “Moins « sexy » mais tout aussi utile…

  1. Si vous vous croyez trop petit pour faire bouger le grand monde, passez la nuit avec un moustique, vous verrez… (Dalaï Lama).

    Je ne peux que vous encourager à poursuivre votre engagement et vous lis toujours avec intérêt. Bisous

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  2. 😎 et ben je ne pensais pas que l’environnement était si mal traité.
    vous pouvez changer (un peu) les choses c’est chouette .
    bon courage

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