Vous pensez qu’ils ne peuvent pas… mais si, ils peuvent!

Lorsque Nomin et Bayarmaa (deux employées d’ADRA) sont venues nous accueillir à l’aéroport, il y a de cela 20 jours, le premier sujet de conversation qu’elles ont abordé avec nous était les pickpockets. « Les touristes pensent toujours qu’on ne peut rien leur voler. Mais les pickpockets peuvent. Ils peuvent vraiment. » On l’avoue, nous avions un peu souri devant ces recommandations… nous avons l’habitude de voyager et nous sommes toujours sur nos gardes, aucune raison de s’alarmer.

Quelques jours plus tard, une fille vivant dans notre bâtiment tente de venir nous parler en mongol. Devant nos têtes interrogatives, elle s’arrange pour revenir avec quelqu’un parlant anglais, afin d’assurer une traduction. Elle est inquiète pour nous. Elle nous a vu dans la rue avec nos sacs et elle nous met en garde contre les pickpockets d’UB, selon elle très habiles. Nouveaux sourires rassurants de notre part : pas d’inquiétude, nous avons fermé nos sacs avec de petits cadenas, excepté la besace de Jon mais dont l’ouverture est placée bien haut sur son torse. Cela nous paraît vraiment improbable que quelqu’un parvienne à nous prendre quoique ce soit…

Tout ceci semblait bien abstrait jusqu’à mercredi passé où, confortablement installés dans le bus (c’est-à-dire debouts, serrés comme des sardines), nous avons assisté, médusés, au vol en règle d’un couple de touristes. Ces derniers traversaient un passage pour piéton, suivis de près par deux Mongols, marchant à la même cadence. L’un d’eux a profité de l’inattention du couple pour glisser sa main dans le sac en bandoulière de la fille avant d’en retirer le précieux portefeuille et de continuer son chemin l’air de rien… le tout sous le nez d’un policier ! Impossible de prévenir les deux malheureux touristes et, lorsque notre bus a redémarré, ils ne s’étaient toujours aperçus de rien. Sacrément culottés les pickpockets d’UB !

Et puis, il y a eu hier. Toujours dans le bus (oui, on prend beaucoup le bus…). Toujours debouts, serrés comme des sardines. Je repère le manège un peu louche d’un gars encore plus louche. Celui-ci pousse les gens pour se frayer un chemin (pratique courante dans les bus mongols…) et passe vraiment très près des jeunes dames qu’il « contourne ». Je me dis qu’il profite sûrement de la cohue générale pour coller les filles d’un peu trop près. Comme par hasard, le type vient se planter à côté de moi, faisant changer de place au passage l’homme d’affaire à mes côtés. Décidemment, j’ai un don pour les attirer. Nous arrivons à un arrêt. Le type fait mine de descendre puis finalement se ravise. Il faut dire que les bus roulent comme des sauvages et que les arrêts ne cessent de changer. Nouvel arrêt : même manège. Finalement, le type décide de s’enfoncer un peu plus dans le bus et passe derrière Jon. Vraiment bizarre.

Nous devons descendre à l’arrêt suivant et nous préparons devant la porte (il faut bondir des bus d’UB pour sortir). Le type semble se souvenir soudain qu’il descend au même arrêt que nous, pourtant peu fréquenté. Comme par hasard. Le bus s’arrête, je sors et j’entends une voix monter derrière moi. Celle de Jon, en pleine altercation avec le fameux type louche. Celui-ci, faisant mine de le pousser dans la cohue générale, était parvenu à ouvrir habilement la sacoche sur la poitrine de Jon et à glisser sa main dedans… le tout bien caché par le manteau qui lui recouvrait le bras. Heureusement, Jon a repéré immédiatement que sa sacoche était ouverte et a interrompu le voleur en pleine action (voleur qui a bien entendu nié par la suite toute action malveillante de sa part à notre égard). Il s’en est vraiment fallu de peu !

C’est à ce moment que tout s’est éclairé pour nous : le type nous avait sans doute repéré depuis le début, s’était rapproché de nous à grands renforts de bousculades et surveillait à quel arrêt nous descendions pour tenter de nous subtiliser notre portefeuille. Tout était donc prémédité. Sacrément malin les pickpockets d’UB !

Mag

update:

Quelques jours plus tard, je me suis bien fait voler mon téléphone portable ainsi que mon porte-feuille par des pickpockets… dans le bus.

4 réponses à “Vous pensez qu’ils ne peuvent pas… mais si, ils peuvent!

  1. Ok ! Jusque là, je vous suis… Mais faudra aborder les aspects matrimoniaux ! Comment se font les couples, la place de la femme dans la société mongole, enfin bref, les découvertes que j’aime 🙂 !
    Pour la douche, renoncez aussi au trichloréthylène, c’est pas conseillé.
    Au plaisir de vous lire (enfin, Mag, si je comprends bien), et bonne poursuite de ce travail de Titans !

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    • Je te reconnais bien la ! Les femmes, toujours les femmes 😉 Et bien en Mongolie, tu sauras que ce sont elles qui portent la culotte, ça te changerait tiens !! Pour ce qui est de la douche, il faudra que tu m éclaires, mes cours de chimie sont loin derrière 😉 jon ( oui oui J’écris aussi)

      Ps: Embrasse (pas trop fort) les collègues.

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